Habitation (Chap. 25)
Circuits séparés, tableau lisible, protections renforcées et règles spécifiques pour salles d’eau.
INSTALLATIONS SPÉCIFIQUES
Tome V — exigences particulières applicables aux habitations, bâtiments publics, ERP, sites industriels, risques particuliers, et sources d’énergie (autonomes, renouvelables, stockage).
Circuits séparés, tableau lisible, protections renforcées et règles spécifiques pour salles d’eau.
Continuité de service, circuits de sécurité, secours, éclairage d’évacuation et signalisation.
Hiérarchisation, maintenabilité, prévention explosion/incendie, et intégration PV/UPS/batteries.
Le présent chapitre s’applique aux installations électriques des bâtiments à usage d’habitation, individuels ou collectifs, y compris leurs dépendances. Il couvre aussi bien les installations neuves que les rénovations, extensions ou modifications significatives, dès lors que la sécurité des personnes peut être impactée.
Schéma — Habitation (arrivée réseau → tableau → circuits)
But : organiser la distribution depuis l’origine de l’installation, avec coupure générale et protections, puis alimenter des circuits distincts (éclairage, prises, forte puissance, sécurité/confort).
Bon réflexe : prévoir un espace de réserve dans le tableau et une documentation simplifiée pour l’occupant (schéma, liste des circuits).
Les installations d’habitation doivent comporter des circuits distincts selon la nature des usages, afin de limiter l’impact d’un défaut (surcharge, court-circuit, fuite à la terre) et d’améliorer la lisibilité de l’installation. Cette séparation favorise également la maintenance et la sécurité des occupants.
Mini-guide — Exemple de découpage fonctionnel
Principe : regrouper par fonction, et limiter le nombre de points par circuit pour améliorer la sécurité et la disponibilité.
Repérage : chaque départ doit être identifié au tableau (étiquette durable) et, si possible, sur plan.
Toute installation d’habitation doit comporter un tableau de distribution principal permettant la coupure générale, la protection des circuits et l’identification claire des départs. Le tableau constitue l’organe central de sécurité : il doit être accessible, correctement dimensionné, et organisé de manière lisible.
Aperçu — Tableau lisible et sécurisé
Lisibilité : chaque appareil (protection, commande) est clairement identifié.
Sécurité : accès protégé, capot, et absence de parties actives accessibles.
Traçabilité : garder une copie des essais et du repérage des circuits.
Les installations d’habitation doivent être conçues de manière à assurer une protection renforcée des personnes contre les risques d’électrocution. Cette protection repose sur une combinaison cohérente : enveloppes et matériels adaptés, protections automatiques, mise à la terre et liaisons équipotentielles, ainsi que règles de pose et de repérage.
Schéma — Chaîne de protection (source → protections → circuits → masses)
Idée clé : un défaut doit provoquer une coupure rapide ou être rendu inoffensif, pour empêcher tout contact dangereux.
À vérifier : continuité PE, qualité de la terre, déclenchement des protections, absence de parties actives accessibles.
Dans les locaux contenant une baignoire ou une douche, les dispositions particulières de sécurité doivent être strictement respectées. L’humidité, la présence d’eau et la proximité des personnes augmentent fortement les risques : l’implantation des équipements, les volumes de sécurité et le choix des matériels doivent être adaptés.
Schéma — Zones de sécurité (bain/douche) : zones 0/1/2
Principe : plus on est proche de l’eau, plus les contraintes sont strictes (implantation et matériel).
Résultat attendu : empêcher toute situation où une personne mouillée peut toucher un élément sous tension ou une masse devenue dangereuse.
Le présent chapitre s’applique aux installations électriques des bâtiments publics, administratifs, éducatifs, sanitaires et assimilés. Ces environnements imposent un niveau de sécurité élevé et, dans certains cas, une exigence de continuité de service (services essentiels, sécurité, accueil du public).
Les installations électriques des bâtiments publics doivent garantir, lorsque requis, la continuité de service des fonctions essentielles. Cela suppose une architecture adaptée : séparation des circuits critiques, basculement vers une alimentation de secours, et priorisation des charges (ce qui doit rester alimenté en priorité).
Schéma — Continuité de service (réseau + secours)
Étape 1 : alimentation normale (réseau). Étape 2 : basculement via ATS/inverseur. Étape 3 : alimentation des usages essentiels par secours (groupe/UPS).
Important : la continuité se prouve par des essais et une maintenance régulière (registre).
Les circuits alimentant les équipements de sécurité doivent être distincts des autres circuits et protégés de manière appropriée. L’objectif est d’éviter qu’un incident sur des charges ordinaires (prises, confort, production) n’affecte des fonctions vitales : alarme, détection, désenfumage, éclairage de sécurité, communication d’urgence, etc.
Les dispositifs électriques doivent être protégés contre toute manipulation non autorisée et rester accessibles aux personnes habilitées. Dans un bâtiment public, la présence de public non averti impose de limiter les risques : tableaux fermés, équipements hors d’atteinte, signalisation appropriée, et organisation claire des locaux techniques.
Les installations électriques des établissements recevant du public doivent présenter un niveau de sécurité renforcé adapté à la fréquentation des lieux. La conception doit réduire les risques de contact, d’incendie et de panique : matériels adaptés, circuits de sécurité, cheminements et enveloppes protégés, et procédures de maintenance strictes.
Lorsque la sécurité des personnes l’exige, les établissements recevant du public doivent être équipés d’une alimentation électrique de secours. Elle garantit le maintien temporaire des équipements nécessaires à l’évacuation et à la sécurité : éclairage de sécurité, alarmes, dispositifs d’alerte, et fonctions indispensables définies par l’analyse des risques.
Schéma — Alimentation de secours (priorités)
Principe : la source de secours alimente un tableau « priorités » qui distribue en priorité l’éclairage de sécurité et l’alarme/évacuation.
Contrôle : tester régulièrement la bascule et le maintien de charge.
Les établissements recevant du public doivent être dotés d’un éclairage de sécurité conforme aux exigences applicables, permettant l’évacuation des personnes en cas de coupure de l’alimentation normale. L’éclairage de sécurité doit être implanté de manière à baliser les cheminements, sorties et points sensibles (escaliers, changements de direction).
Schéma — Chemin d’évacuation + blocs de secours
But : rendre le chemin d’évacuation immédiatement lisible même en cas de panne générale.
À vérifier : visibilité, autonomie, état des blocs, et cohérence avec la signalisation.
Les dispositifs de coupure, d’alarme et de sécurité doivent être clairement signalés et facilement identifiables. Une signalisation efficace réduit le temps de réaction en cas d’incident et limite les erreurs de manipulation, surtout en présence d’intervenants multiples (maintenance, sécurité, exploitant).
Le présent chapitre s’applique aux installations électriques des sites industriels, commerciaux et artisanaux. Ces environnements présentent souvent des contraintes fortes : puissances élevées, moteurs, production, poussières, humidité, chocs, et coactivité. L’organisation de l’installation doit limiter les conséquences d’un défaut et permettre des interventions sûres.
Les installations industrielles doivent être organisées de manière hiérarchisée afin de limiter les conséquences des défauts électriques. L’objectif est de pouvoir isoler une zone ou un atelier sans arrêter toute l’activité, et de permettre une remise en service progressive.
Schéma — Industrie : séparation puissance / commande
Principe : une architecture claire simplifie l’exploitation, limite l’étendue des coupures et sécurise les interventions.
Maintien en condition : mise à jour des schémas et du repérage après toute modification.
Les installations doivent être conçues pour garantir la sécurité des travailleurs, notamment dans les zones à risques électriques. Cela implique des dispositifs facilitant la consignation, un repérage sans ambiguïté, et des protections contre les contacts directs et indirects.
Les installations industrielles doivent permettre la maintenance et les interventions en sécurité. Une bonne maintenabilité réduit les arrêts, améliore la sécurité et assure la pérennité : accès, repérage, documentation, et organisation des tableaux sont essentiels.
Sont considérées comme installations à risques particuliers celles présentant des dangers accrus en raison de la nature des activités, de l’environnement, ou des substances présentes. Exemples : atmosphères explosibles, zones avec poussières inflammables, locaux très humides/corrosifs, ou environnements avec risques mécaniques élevés.
Une analyse de risques doit guider le choix des matériels, le mode de pose, les protections, et les contrôles renforcés.
Les installations à risques particuliers doivent faire l’objet de mesures de protection renforcées adaptées aux dangers identifiés. L’approche combine le choix de matériels appropriés, des protections spécifiques, des cheminements sûrs, et des procédures d’exploitation et de maintenance strictes.
Dans les locaux ou zones présentant des atmosphères dangereuses, les équipements électriques doivent être spécifiquement adaptés. Le choix des matériels, la limitation des sources d’inflammation, la maîtrise des échauffements et des étincelles, ainsi que la mise en œuvre correcte, sont essentiels.
Schéma — Risques particuliers (analyse → mesures → contrôles)
Étape 1 : analyser le risque (substances, ventilation, scénarios). Étape 2 : choisir mesures et matériels. Étape 3 : contrôler périodiquement et après intervention.
Les installations à risques particuliers doivent être soumises à des contrôles périodiques renforcés, et après toute intervention, afin de garantir le maintien du niveau de sécurité requis. Les contrôles doivent être consignés dans un registre de traçabilité.
Les installations intégrant des sources d’énergie autonomes (groupes électrogènes, onduleurs, etc.) doivent être conçues pour fonctionner en sécurité en toutes circonstances. Les raccordements doivent éviter les retours d’énergie, garantir la sélectivité des protections et permettre la continuité des usages prioritaires.
Schéma — Sources spécifiques (source → conversion → stockage → usages)
À prévoir : dispositifs de découplage, protections, sectionnement, ventilation du local groupe si nécessaire, et procédure d’exploitation.
Essais : test de démarrage, test de basculement, et test de tenue en charge.
Les installations intégrant des sources d’énergie renouvelables doivent respecter les exigences de sécurité applicables aux générateurs et aux systèmes de conversion. Elles doivent intégrer des dispositifs de découplage, de protection et de mesure adaptés à leur mode de production.
Schéma — Source renouvelable (PV) : modules → onduleur → tableau
Principe : les modules alimentent l’onduleur, puis l’énergie est injectée vers le tableau/réseau via protections et découplage.
Les systèmes de stockage d’énergie doivent être installés de manière à prévenir tout risque pour les personnes et les biens. Les batteries (ou autres technologies) peuvent présenter des risques : échauffement, dégagement de gaz, incendie, ou énergie disponible même hors réseau.
Schéma — Stockage : protections + ventilation + isolement
Idée clé : sécuriser la source d’énergie stockée (protection, isolement) et maîtriser l’environnement (température, ventilation).
Les installations relevant du présent tome doivent satisfaire à l’ensemble des exigences générales de la NEC-RDC et aux dispositions particulières applicables. Une attention particulière est portée aux risques propres au site, aux usages, et aux conditions d’exploitation.
Les exigences générales (Tomes I à IV) s’appliquent, et le Tome V ajoute des exigences spécifiques selon le type de bâtiment ou d’installation.
La responsabilité de la conformité des installations spécifiques incombe aux concepteurs, installateurs, exploitants et propriétaires concernés. Chacun est responsable dans son périmètre : études, réalisation, contrôles, et maintien en conformité pendant l’exploitation.
Assurer la traçabilité : plans, schémas, essais, rapports de contrôle, et registre de maintenance.
La mise en service des installations spécifiques est subordonnée à la réalisation des contrôles requis. Avant toute mise sous tension, les vérifications doivent confirmer l’absence de danger, la conformité de l’exécution, l’efficacité des protections, et la cohérence du repérage.